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dimanche 26 octobre 2014

1ère consultation FIVDO (bis)

Nous revenons tout juste de notre quatrième séjour FIV à Barcelone. Comme convenu, nous sommes allés cette fois chez IVI et je peux donc faire mes premières comparaisons. 

Organisation
J'ai trouvé la première consultation moins bien organisée que celle d'Eugin: plus de 3 heures passées à IVI dont beaucoup d'attente. A IVI, il n'y a qu'une salle d'attente par étage, entre chaque entretien (avec le médecin, avec l'infirmière...), on retourne s'asseoir et on patiente avec plein de monde autour. A Eugin, il y avait plein de petites salles et on attendait seuls ou avec un ou deux autres couples maximum. A IVI on vient nous chercher en disant notre nom devant tout le monde alors qu'à Eugin on avait un numéro personnel qui s'affichait et on savait quand on devait se lever sans que notre identité soit "dévoilée". Dans un pays étranger, ça m'est un peu égal, mais dans mon pays, comme j'ai un nom de famille ultra rare, ça aurait pu me gêner. 
Pendant cette consultation, on a rempli pas mal de documents qu'à Eugin nous avions reçus par mail et que nous avions pu lire et compléter tranquillement à la maison. Du coup ça allait plus vite chez Eugin et la consultation avait duré moins longtemps alors même que nous avions plus de questions puisque c'était notre première FIVDO. 
L'établissement du dossier a pris du temps parce qu'ils sortaient les documents ou les imprimaient au fur et à mesure, c'était un peu décousu et parfois l'infirmière pensait que nous n'avions pas certains documents alors même qu'elle venait de nous les donner: pas franchement rassurant. 
Le point positif, c'est que j'ai trouvé cette manière de faire moins formatée et plus personnalisée. Le temps semblait moins compté et il y avait plus de souplesse dans le timing. 

Les autres patients
J'ai remarqué que nous n'étions que peu de patients étrangers. La grande majorité des personnes qui se trouvaient dans la salle d'attente étaient espagnols et l'ambiance était un peu différente: beaucoup parlaient entre eux et il était même difficile de savoir avec certitude qui était venu avec qui. J'ai trouvé ça assez sympathique. 
Nous étions venus avec notre fils et nous n'étions pas les seuls. Maintenant que j'ai un enfant je supporte évidemment très bien les enfants des autres en salle d'attente, mais j'aurais trouvé difficile, il y a deux ans, de me retrouver nez à nez avec des petits enfants qui représentaient alors un inaccessible Graal. Même mon mari, qui m'a toujours reproché mon côté envieux pendant nos essais, m'a avoué qu'il aurait trouvé ça pénible. Bien sûr, le côté positif pour ceux qui viennent sans enfants et qui voient ceux des autres en centre FIV, c'est qu'ils ont sous les yeux la preuve que les techniques de PMA fonctionnent, mais quand même... je crois que ça m'aurait fait mal et j'ai eu l'impression de mettre certains couples mal à l'aise. 

Confort
Bien meilleur chez Eugin. En particulier, d'après mon mari, en ce qui concerne la salle de "recueil" où je ne l'ai pas accompagné. Je me demande d'ailleurs si à IVI ils ont une petite salle pour se détendre après le transfert comme chez Eugin. J'avais bien apprécié. 

Médecine
Le médecin est français, comme chez Eugin. Il n'avait pas une présentation toute prête et bien léchée comme chez Eugin, mais il a pris vraiment beaucoup de temps pour répondre à nos questions et nous expliquer le procédé. Par contre il se braquait un peu lorsque l'on parlait d'argent alors que, malheureusement, il me semble difficile d'occulter cet aspect dans ce type de consultation. Par exemple, je veux bien faire plus de transferts avec moins d'embryons, mais je ne peux pas non plus nier le fait que si je viens plusieurs fois, je paie plusieurs fois, et que cela pourrait bien poser problème un de ces jours. 
En tous les cas, il a été dans le même sens que mon médecin genevois: on part sur le transfert d'un blasto de J5 et non de deux ou trois J3. Lui aussi semblait trouver carrément déraisonnable de transférer 3 embryons pour un deuxième transfert. Là-dessus, on est d'accord, je ne voulais pas risquer à nouveau cette situation pourrie dans laquelle je me disais: "j'espère que ça a marché, mais j'espère aussi quelque part que l'un d'eux n'a pas tenu"... trop paradoxal. Il a demandé plus de résultats d'examens que le premier médecin et nous a semblé plus pointilleux. 
Autre différence: on nous assure 10 ovocytes. Si la ponction en donne moins, le cycle est annulé (on ne le paie pas) et on recommence plus tard. Cela semble nous assurer suffisamment de blastos même si on attend le cinquième jour. Chez Eugin on était parti avec 6 ovocytes, et on avait obtenu 5 embryons. Ce qui me trouble, c'est qu'alors chez IVI on aurait annulé le traitement alors même que c'est bien ce cycle-là qui m'a donné mon fils... Apparemment, 6 ovocytes, c'est très peu et ça laisse penser qu'il pourrait y avoir eu partage d'ovocytes entre plusieurs receveuses. Je ne sais pas, je n'ai jamais posé la question avant. En tous les cas IVI annonce ne pas partager et c'est peut-être pour cela qu'ils peuvent se permettre de fixer la limite à 10 ovocytes. 

Prix
Un peu plus cher chez IVI. Mais il y a cette "garantie" des 10 ovocytes qui pourrait justifier la différence de prix. Et puis Eugin a peut-être augmenté ses tarifs entre temps (à l'époque le devis du mois de décembre était moins élevé déjà que celui du mois d'octobre). 
Il est annoncé que si le cycle ne donnait rien, il y avait une réduction sur le second (je n'ai plus les chiffres en tête). J'apprécie le geste mais je flippe aussi un peu: ils annulent souvent des cycles?! 

Suivi
Cette fois aussi, on nous a donné un numéro que l'on peut appeler quand le besoin se fait sentir, et le mail de notre référante. Je ne sais pas si cette fois on sera en contact toujours avec la même personne. La première fois c'est ce que l'on nous avait dit, et on nous avait donné un nom précis, mais nous n'avions finalement jamais été en contact avec cette personne, toujours avec des autres. Le médecin nous a dit que l'on pouvait lui demander de rappeler et qu'il le faisait dans la journée. Là aussi, je suis un peu sceptique, mais je trouve que ce serait bien: je n'ai pas trop aimé, la dernière fois, parler systématiquement à une nouvelle personne. 

Conclusion
On va partir avec IVI parce qu'ils nous semblent sérieux d'un point de vue médical et parce qu'ils nous ont été recommandés par des personnes de confiance. C'est étrange parce que je dois admettre que si on avait visité les deux cliniques le même jour il y a deux ans, on aurait certainement choisi Eugin! J'espère que je ne fais pas le mauvais choix: je suis prête à perdre un peu niveau confort, image, etc. mais j'espère vraiment qu'on y gagnera niveau suivi et compétences. Affaire à suivre! 

Pour la suite, donc... je dois envoyer quelques examens encore et ils doivent terminer les analyses de mon mari (qui n'avait rien fait ici pour cause de travail, ce qui nous fait perdre quelques semaines, grrrrr) mais dès qu'ils ont tout ça ils se mettent à chercher la donneuse (si ce sont des ovocytes vitrifiés, j'imagine qu'ils peuvent déjà chercher avant, sinon on attendra peut-être un peu plus) et tout cela fait que nous pourrions avoir un premier transfert en novembre... C'est proche finalement...  

mercredi 30 avril 2014

6 mois avec lui


J'ai eu beaucoup de chance et après la naissance de mon fils, j'ai pu avoir 6 mois de congé maternité. Un peu payé, un peu pour ma pomme, mais peu importe: 6 mois juste pour nous, pour devenir sa maman, pour le découvrir, le voir grandir, grandir aussi un peu, voyager avec lui, le présenter à tout le monde, le photographier, l'embrasser des milliers de fois, le cajoler, le bercer, le baigner, le contempler, lui chanter des chansons, le nourrir, le couver du regard, vérifier qu'il respire, l'entendre rire aux éclats, etc, etc, je m'emballe. 

Etre sa mère, c'est juste la meilleure chose qui pouvait m'arriver, ça a failli ne pas arriver  et je suis terriblement reconnaissante, merci la donneuse, les médecins, mon mari, les fiveuses qui m'ont soutenue, ma famille, les quelques amis qui étaient au courant, merci la vie. Je ne suis pas complètement débarrassée de mon amertume et de mon légendaire cynisme, mais j'y travaille (enfin, non pas tellement en fait, mais j'y travaillerai un jour)

J'ai repris le travail et je m'attendais à ce que ce soit dur pour moi et facile pour lui. En fait c'est le contraire. J'ai certes passé un dimanche horrible, hyper nerveuse, tendue, agressive et le soir j'ai fondu en larmes en couchant mon petit, me disant que dès le lendemain matin les choses seraient très différentes, mais dès que je suis arrivée au boulot, je me suis sentie à ma place. Bien dans ma classe, bien avec les collègues. Et puis quel confort à midi de pouvoir m'attabler sans avoir cuisiné avant, quel calme, quel plaisir de parler à des adultes sans s'interrompre toutes les trois minutes! Bien sûr j'avais appelé ma mère quatre fois dans la matinée, mais tout allait bien. L'après-midi les choses se sont gâtées: à 15h00 bébé s'est coincé le doigt dans un jouet et n'a cessé de pleurer jusqu'à mon retour à 18h30. Je l'ai retrouvé énervé, fiévreux, mais tout content de me revoir. Depuis, s'il ne pleure pas quand je pars, il refuse de manger avec ma mère et ne lui décroche pas un sourire tant que je ne suis pas là. 

Tout cela me surprend énormément: je suis surprise d'avoir autant de plaisir à travailler à nouveau (définitivement: la vie au foyer ne me réussit pas), et je suis surprise que mon bébé soit aussi attaché, c'est un peu comme si je ne réalisais pas encore à quel point je suis pour lui irremplaçable. Qu'il le soit pour moi, je n'en doutais pas, mais cette réciprocité est une vraie découverte (oui, j'ai inventé l'eau tiède)

Et la suite?! 

Après une consultation de routine chez mon dermato de chez qui je suis sortie en demandant à mon mari de bien vouloir m'appeler Benjamin Button (il m'a mis le moral dans les chaussettes en me parlant de ma peau fragile qui - du fait de ma ménopause - allait vieillir vite... ) j'ai fait le pas et ai pris rendez-vous chez un spécialiste de la ménopause. J'avais un peu les chocottes et je repoussais depuis des mois. On m'avait parlé de traitement hormonal substitutif tant en Espagne qu'en Suisse mais j'avais peur et surtout j'avais fait comme une overdose de médocs, de médecins, d'hôpitaux... (je sais que vous voyez). Bref, j'ai appelé, pris rendez-vous... (je vous raconte la secrétaire? "vous êtes ménopausée?" "oui" "mais attendez, vu votre date de naissance, je vais mettre troubles du cycle, parce que bon, c'est un peu tôt" sans blague, connasse, moi aussi je trouve) suis allée au rendez-vous avec une copine parce que j'avais peur et que mon mari ne pouvait pas ce jour-là... et là: LE CHOC! Le plus chou, gentil, compréhensif, patient, respectueux gynéco du monde de tout mon parcours. C'est aussi le plus jeune, quand je l'ai vu dans la salle d'attente, je me suis dit que j'étais encore tombée sur un incompétent et en fait c'est l'homme le gynéco de ma vie, (enfin, je crois, notre histoire ne fait que commencer). Je résume beaucoup: en gros il me conseille la substitution hormonale, mais on en reparlera la prochaine fois parce qu'entre temps il m'a prescrit quelques examens. Je vous raconterai, en attendant, je vais essayer de lui trouver un petit nom. 

La suite c'est aussi... une autre fivdo. Avec mon mari nous en parlions déjà avant même la sortie de la maternité: on est un peu pressés, c'est vrai, il faut dire que:
  • on a eu beaucoup de chance pour la première fivdo qui a marché vite, mais pourra-t-on en dire autant de la seconde? 
  • on aimerait une grande grande famille et on n'a plus 20 ans 
  • on fait la course avec beau-frère et belle-soeur qui en sont à 5 enfants (je rigole, je sais bien que sur le plan de la fertilité ils sont hors norme, ils se reproduisent en se regardant, apparemment) 
  • faut qu'on fasse le deuxième avant de divorcer (je rigole toujours, même si je ris un peu jaune, j'avoue, c'est parfois un peu tendu, mais je vous raconterai peut-être une autre fois)
  • je me donne dix ans de cette vie-là, après je grade au boulot et je fais fortune dans l'enseignement , je sors un peu de ma classe et j'obtiens un vrai bureau dans mon établissement (ou alors je deviens prof de yoga)
  • j'ai adoré être enceinte et je voudrais l'être encore et encore (comme ma belle-soeur, quoi) 
Nous n'avons plus d'embryons en Espagne. J'ai donc contacté la clinique pour leur demander si par hasard il y aurait moyen de refaire une fiv avec la même donneuse. Après un temps infini ils m'ont répondu et ça semble possible. Je ne sais pas trop pourquoi j'ai demandé. D'une part je trouve mon bébé parfait (il parait que c'est normal) et j'ai l'impression que si j'avais la chance de connaître une nouvelle grossesse, j'aurais moins d'inquiétude que la première fois concernant son apparence et sa santé. Et puis je me dis que si les enfants sont proches génétiquement, cela pourrait, médicalement, présenter des avantages (l'un pourrait être donneur de l'autre - je sais, c'est une obsession). Mon mari ne comprend pas ma démarche et je ne sais pas s'il va vouloir que l'on aille dans ce sens. Quant à moi, comme d'habitude, je retourne le truc dans tous les sens, envisage tous les scénarios et nage dans le doute (qui a dit que j'étais une chieuse?)

J'ai envie de proposer à mon gynéco la mise en place d'un groupe de parole pour les personnes en AMP, je trouve qu'on est très seul sur ce chemin (sauf sur le net, paradoxalement), spécialement en Suisse où ce n'est pas remboursé et où la FIVDO n'est même pas autorisée. Mais bon, j'attends de le connaître mieux (mais je précise que nous avons des amis communs sur FB, c'est pas un signe ça?!). Je ne sais pas si quelqu'un a une expérience de ce genre... si oui je veux bien que vous m'en disiez plus. 

lundi 14 octobre 2013

Suivie de près!

A la maternité

Vendredi 11, comme prévu, nous nous rendons à la maternité pour la consultation prénatale. Je croyais qu'on allait faire une écho, me dire le poids du bébé, sa taille, parler de l'accouchement... En fait pas d'écho. Quelle déception! Quant au poids du bébé on m'a juste dit qu'il grandissait bien. Sinon il est toujours bien placé et je vais vraisemblablement accoucher par voie basse.  
Tout allait bien. La sage-femme n'a même pas posé de questions débiles ou blessantes sur la FIVDO, je lui en suis super reconnaissante. Ca c'est un petit peu gâté quand elle a pris ma tension... trop haute. Du coup, on m'a prescrit le passage d'une sage-femme à domicile deux fois par semaine jusqu'à l'accouchement, pour des analyses d'urine, la mesure de la tension, l'écoute des battements de coeur du bébé. La doctoresse m'a rappelé les signes d'une pré-éclampsie et m'a dit de ne pas hésiter à venir à la maternité au moindre signe inquiétant. Ensuite on m'a vaccinée contre la coqueluche et la grippe et on m'a fixé rendez-vous le 30 octobre (nouvelle date du terme selon leurs calculs). 

Avec la sage-femme

Le vendredi soir la sage-femme m'appelle pour convenir du premier rendez-vous. Elle en profite pour m'énumérer les signes de la pré-éclampsie et me dit bien de me rendre immédiatement à la mat au moindre souci. Là, j'avoue, je commence quand même à m'inquiéter un peu. 

J'ai donc passé le week-end à l'affût des moindres signes et des moindres mouvements du bébé. Samedi il/elle a d'ailleurs très peu bougé, comme pour en rajouter! Heureusement dimanche c'était un vrai cours de zumba dans mon dedans et j'ai été bien rassurée pour la nuit. 

Aujourd'hui la sage-femme est donc venue pour notre premier rendez-vous. Son bilan: des traces d'albumine dans les urines, une tension normale (OUF!) deux fois sur trois, un tour de taille de 106 cm (au secours!), une auteur utérine de 36 cm, des battements de coeur de bébé de 136, et une bonne mobilité de bb. Quand elle a eu tous ces chiffres, elle m'a rappelé les signes de la pré-éclampsie, et ma dit, encore, de me rendre à la maternité au moindre de ces signes ou si le bébé venait à bouger moins. Elle se voulait rassurante, mais quand même, à force de me reparler de pré-éclampsie, ils vont vraiment m'inquiéter. 

Encore la maternité 

Pendant la visite de la sage-femme, la maternité m'appelle. Ce n'est pas une secrétaire mais un médecin qui me dit qu'ils ont avancé le rendez-vous du 30 au 18. Ils feront ce jour-là une écho (ah, quand même!), une prise de sang, une mesure de la tension et d'autres examens. J'ai bien cru qu'elle allait me rappeler les signes de la pré-éclampsie et me dire de... Mais non. Pas cette fois.

Conclusion

Je suis super attentive au moindre mouvement de bébé et c'est un peu perturbant. Je croyais qu'à la 37e semaine passée je pourrais me détendre puisque bébé était tout fini et qu'il pouvait naître sans problème. Mais non! Je vais avoir encore un peu de peine à y croire, douter... j'ai quand même un peu les jetons, je vous avoue, d'être arrivée jusque là et que tout s'effondre. 

Point positif: le papa semble réaliser un peu mieux. Et j'ai même appris qu'il aurait deux semaines de congé paternité + une semaine de vacances après la naissance. Du coup, trois semaines pour faire connaissance tous les trois... le top! Ca me rassure de penser que je ne serai pas seule les premiers temps, mais surtout ça me rassure parce que ça veut dire qu'il y pense quand même, qu'il se projette dans cette nouvelle vie, malgré les signes pas très sympa de ces derniers temps. 

J'espère que bébé continuera à bien se dandiner et venir prochainement avec de bonnes nouvelles... 

mardi 23 avril 2013

Comment j'ai fini par y croire

Les filles, je suis devenue une vraie pregnant bitch: un mois sans message... genre comme si j'avais totalement oublié l'existence du blog et celle des copines. En fait pas du tout, je suis venue tous les jours, j'ai suivi vos posts positifs et ceux plus tristes, les bonnes nouvelles, les mauvaises, l'attente, l'espoir, les médics, les protocoles, les docteurs, les pauses, les échos... même enceinte tout cela reste bien sûr au centre de mes pensées. On ne passe pas directement de l'autre côté de la barrière qui nous sépare des fertiles. 

Pendant un mois je n'ai pas écrit et vous savez pourquoi? Je ne savais pas quoi dire. D'un côté les médecins m'avaient dit que j'étais enceinte, j'avais des seins d'actrice porno et rien d'inquiétant ne venait mettre ma grossesse en doute. D'un autre côté, j'allais trop bien: pas de fatigue excessive, plus mal au ventre, pas de nausées, pas d'envies folles niveau bouffe, pas de dégoûts, pas de maux de tête, pas de prise de poids... j'avais mal aux seins et le ventre un peu tendu mais je me disais que ça pouvait bien être l'utrogestan. Bref, je me disais que la grossesse avait arrêté d'évoluer. J'y croyais vraiment. J'avais presque fait une croix sur cette tentative-là et je me disais, en allant à l'écho du 1er trimestre, qu'il fallait que je sois forte, que ça marcherait une autre fois et qu'il faudrait surtout que je console mon chéri parce que lui, au contraire, semblait y croire avec une sincérité qui me désarmait. 

Alors on est allé à l'écho. Le médecin m'a fait m'installer et m'a demandé comme j'allais. Je lui ai dit "très bien, peut-être trop, c'en est presque inquiétant". Il m'a dit que certaines ne sentaient rien et il a très vite commencé son observation. Devant nous il y avait un grand écran, un peu comme en Espagne, et on pouvait voir sans se tordre le cou. En quelques secondes, on l'a vu. Quelques secondes plus tard, on l'a entendu. Son coeur. Et en quelques secondes j'ai réalisé que j'étais enceinte, pour de vrai. Que les minutes qui suivraient ne seraient finalement pas consacrées à l'organisation de mon curetage. J'ai fait le grand écart entre mes angoisses d'infertile et mes rêves de bébé, projetés en grand en face de moi. J'ai eu la preuve. C'est devenu réel et j'étais complètement sonnée. 

Le médecin a trouvé tout parfait. Comme on est en PMA, quand même, il a fallu qu'il fasse la gaffe rituelle: alors qu'on lui a dit que c'était un don d'ovocytes il me demande "la stimulation et la ponction se sont bien passées?" je lui dis que je n'ai pas été ponctionnée... Mais bon, je lui pardonne, c'est le mec qui m'a fait écouter le coeur de mon bébé quand même. Après l'écho il m'a dit: "vous voyez, c'est possible d'être enceinte sans nausées, mais quand les autres vous demandent, surtout ne leur dites pas, dites que vous avez au moins un peu de peine le matin et on vous fichera la paix!" C'est fou comme les médecins semblent plus sympas et plus bavards quand tout va bien. 

Ensuite je suis allée faire une prise de sang et puis on est parti faire des courses. Alors j'ai pu acheter mes premiers vêtements de grossesse: deux petites robes et deux collants. Les autres commençaient à me serrer un peu à la taille, et puis le lendemain: j'ai un ventre de femme enceinte qui est sorti, totalement décomplexé. Maintenant je le cache encore, parce que j'attends les résultats de la prise de sang pour faire mon coming out, mais je suis de moins en moins crédible... hier une collègue me demandait avec un énorme sourire si j'avais mal au ventre... 

A quatre jours de l'échographie, il est facile de faire la maligne. Il faut maintenant attendre jusqu'à mi-juin pour la prochaine écho, pour avoir une nouvelle preuve et peut-être que je vais me remettre à douter... on verra. Pour l'instant, j'attends avec impatience le moment de l'annoncer. Ce sera encore plus réel. 

Je pense fort à vous toutes qui vous battez tous les jours pour vivre ces moments-là et je vous les souhaite de tout coeur. J'espère que je ne suis pas juste une nouvelle salope enceinte qui pourrit votre journée mais plutôt la preuve que ça marche et que ça vaut la peine de s'accrocher. Je vous souhaite de monter dans le train et qu'il vous amène à destination. Des bises et du courage à toutes. 

dimanche 17 mars 2013

Trois consultations gynéco plus tard...

Gynéco 1: 

Suite à mon deuxième taux, j'ai vu mon gynéco pour débuter le suivi de grossesse. Il m'a demandé de venir à jeun pour me faire une prise de sang, voir s'il y avait des carences, si j'étais en bonne santé... Donc rien de spécial à dire. Il m'a félicitée et a fixé une première écho le 19 mars pour voir combien d'embryons avaient pris et où ils étaient nichés. 

Gynéco 2: 

Du vendredi au mardi, j'ai commencé à sentir des douleurs dans le bas ventre, qui allaient et venaient. Alors je me suis mise à bien me reposer et j'ai évité de porter des choses. Je me suis même acheté un chariot de mémé au supermarché pour faire rouler mes courses jusqu'à ma voiture plutôt que de les porter. J'ai lu dans le livre de tous mes fantasmes (celui que j'ai enfin pu m'acheter sans me dire que j'étais une psychopathe de la maternité: J'attends un enfant) qu'il était fréquent de ressentir ce genre de douleurs dues au fait que l'utérus doit s'agrandir, et aussi parfois à la constipation liée à la grossesse. Donc je me suis d'abord seulement modérément inquiétée. 

Mais le mercredi la douleur est devenue plus franche et surtout elle était localisée à gauche. A partir de ce moment-là, je ne me suis plus demandé quelle taille mesurait mon utérus, ni à quand remontait mon dernier passage aux toilettes. Non, à partir de ce moment-là, je me suis demandée si je faisais une fausse couche ou une grossesse extra-utérine. Qui a dit que j'étais une parano-hystéro-hypocondriaque? 

J'ai donc appelé mon gynéco et il m'a dit de: 
  • me reposer 
  • prendre des anti-douleurs
  • le rappeler deux jours plus tard
  • descendre à la maternité si je perdais du sang 

Je suis donc rentrée à la maison, je me suis couchée, et j'ai psychoté sur mon canapé jusqu'au moment où mon mari est rentré à la maison (j'avoue, il est rentré deux heures plus tôt parce que je l'ai harcelé par texto toute la journée). 

Quand mon mari est arrivé, je lui ai dit donc que la douleur ne baissait pas, et qu'elle était toujours plus nettement localisée à gauche. J'ai appelé les urgences et ils m'ont dit que je devais passer contrôler. On est donc parti. 

A la maternité j'ai finalement assez peu attendu. On m'a posé pas mal de questions... il faut dire que quand je leur ai dit que j'avais fait une FIV à l'étranger ils ont été assez intrigués. Et quand j'ai dû expliquer à la dame que j'avais été en Espagne parce que j'avais dû avoir recours à un don d'ovocytes j'ai eu droit à un moment d'anthologie: 

- Ah, vous êtes allée en Espagne parce que vous n'avez pas d'ovaires! 
- Non, parce que je suis en insuffisance ovarienne précoce... (comme elle ne comprend pas bien, je précise)... parce que je n'ai pas d'ovocytes. 
- Mais vous n'avez pas d'ovocytes parce qu'on vous a enlevé les ovaires. 
- Non, j'ai des ovaires mais ils ne produisent pas d'ovocytes, ou pas assez, ou pas d'assez bonne qualité pour une FIV avec mes propres ovules. Je suis ménopausée quoi. 
- Depuis combien de temps? 
- On ne le sais pas parce que je prenais la pilule alors j'avais mes règles normalement. 
- Ah... je comprends... excusez-moi mais je pose des questions parce que.... ce n'est pas banal. 
- Je sais, à moi aussi ça m'a fait bizarre, au début. (et maintenant la ménopausée pas banale te dit de fermer ta gueule et de l'ausculter parce qu'elle aimerait bien savoir pourquoi elle a mal au bide, ce même bide qui renferme un, deux, trois ou plus aucun bébé). 

Bref, quand la gentille dame a tout compris. Elle m'a demandé de me déshabiller pour une écho. Elle a cherché un long moment. Et après elle m'a posé la question qui tue: 

- Mais, d'habitude, vos ovaires, on les voit à l'échographie? 
- Ben... oui (et là je panique en me disant que mes ovaires ont disparu en chemin... les aurais-je oublié en Espagne? se sont-ils atrophiés comme de pitoyables petits raisins secs?) 
- Ah mais oui, j'en vois un! 
- (c'est déjà ça). 

Elle a tourné son machin dans tous les sens. En parlant à voix basse à l'étudiante qui assistait à tout ça... Elle me faisait un peu mal. Et puis elle m'a demandé si je voulais voir.

- Euh... oui... enfin, s'il y a quelque chose d'intéressant à voir. 
- Ben oui, regardez... là c'est l'embryon... et là c'est son coeur qui bat

Les larmes me sont montées aux yeux. Je me répétais... "surtout, ne t'emballe pas..." J'ai demandé à mon mari s'il voyait, oui, il voyait. Lui aussi j'ai senti qu'il avait les larmes aux yeux et une boule dans la gorge. Et qu'il se répétait quelque chose dans le genre "surtout, ne t'emballe pas". 

Conclusion: elle a vu l'embryon, son coeur... et aussi deux petites taches à côté qui pourraient être les traces des deux autres embryons qui auraient commencé à s'accrocher puis n'auraient pas tenu. Elle ne savait pas trop et voulait montrer les images à son chef. On a attendu le chef un bon moment (moi en blouse d'hôpital et pieds nus, à me geler) mais il n'a pas pu venir, il était en train de pratiquer une césarienne. Donc elle a vérifié mes analyses (a bien kiffé le BHCG à 58000) m'a donné une ordonnance pour des anti-douleurs plus forts et un arrêt de travail de six jours, et m'a recommandé une nouvelle écho deux jours plus tard. 

Gynéco 1bis:

Deux jours plus tard donc je suis allée faire la nouvelle écho. Le gynéco m'a fait le grand jeu: sur le ventre et endo-vaginale. Lui aussi, il a vu le "bout de chou" (je cite). Par contre il a quant à lui parfaitement écarté la grossesse extra-utérine (ouf). Mais il a aussi vu une tache à côté de la poche (pas deux, comme à la mat)... il ne s'est pas étendu sur la question des deux autres embryons. Il m'a dit en souriant que je pouvais aussi les faire l'un après l'autre, puis il a imprimé une photo du "bout de chou" qui mesure 10,1 mm. Mais il m'a quand même inquiétée parce qu'il: 
  • répétait sans cesse que "le meilleur médicament c'est le repos" (pourquoi un médicament? je suis malade? y'a un problème?) 
  • a confirmé l'arrêt de travail de six jours mais a aussi dit que si mercredi je ne me sentais pas encore prête je pouvais attendre avant de reprendre et qu'il me prolongerait l'arrêt
  • a fixé une nouvelle écho une semaine plus tard (pourquoi si tôt? y'a un problème sérieux?) 
  • m'a demandé 4 fois s'il n'y avait pas eu de saignements... (pourquoi? l'écho montrerait une raison de saigner?) 
  • m'a redit qu'en cas de saignements il fallait tout de suite descendre à la mat sans même prendre le temps de l'appeler avant. 
Je lui ai demandé si c'était fréquent qu'on ait mal au ventre en début de grossesse, il m'a dit que oui, mais qu'il fallait juste me reposer, "lire les mémoires de Napoléon en mille pages et attendre"... Il n'a pas du tout cherché à minimiser genre "c'est normal, les ligaments tirent..." ou "vous somatisez un petit peu"... alors je me demande s'il est juste à l'écoute et très gentil (il faut dire que je le connais bien, c'est un ami de la famille) ou s'il est sérieusement inquiet pour une grossesse qui s'annonce mal... (c'est quoi cette tache à côté de l'embryon?). 

Bref, aux inquiétudes de la FIV succèdent celles de la grossesse. J'ai peur que l'embryon ne tienne pas... sur les trois il n'y en a déjà plus qu'un alors... et il me faut maintenant attendre quatre jours pour la prochaine écho... Il y a un moment où tout cela va s'arrêter? où je vais pouvoir profiter? où je vais oser m'imaginer vraiment enceinte et vraiment maman? Apparemment c'est pas pour tout de suite...  

vendredi 15 février 2013

3e voyage à Barcelone

Pré-TEC

Quand je me suis levée le 11 février et que j'ai vu que la neige qui avait commencé à tomber la veille avait continué son oeuvre, je ne me suis pas trop inquiétée parce que j'avais lu un article tout à fait rassurant qui précisait bien que l'aéroport était prêt à affronter des hivers bien pires. 

J'ai donc trouvé ça terriblement beau, j'ai chaussé mes plus belles bottes de neige et suis allée me balader, émerveillée.

Quand je regarde cette photo je me
 dis que j'aurais quand même 
dû me douter que ça allait mal tourner!

De temps en temps, j'allais quand même sur le site de l'aéroport et à un moment un cadre rouge est apparu à l'écran: en raison du retard pris le matin pour déneiger le tarmac (3 heures), certains vols ne partaient pas, il fallait consulter notre compagnie d'aviation. Quand ta compagnie d'aviation est une compagnie lowcost, cette même compagnie qui t'a fait rentrer de Berlin en 36 heures... tu commences à t'inquiéter, quand même. Mais nous étions chanceux: notre vol était toujours annoncé. 

On est quand même partis relativement tôt de la maison parce que les bus étaient aussi perturbés. J'ai bravement porté ma valise à bouts de bras en enjambant le montagnes de neige qui nous séparaient de l'arrêt de bus et ai attendu patiemment, les pieds mouillés mais pleine d'espoir quand même. 

La clinique a appelé pour me demander si c'était toujours bon pour le TEC du lendemain, s'ils pouvaient bien procéder à la décongélation. J'ai dis oui, parce que j'y croyais moi à ce vol! Un bus est arrivé, on est partis. Tout allait plutôt pas mal.  

Alors qu'on était en route on a reçu un SMS de la compagnie qui nous annonçait l'annulation du vol. Heureusement mon mari a pu réserver un vol pour le soir, mais rien n'était certain encore quant à son départ. Là, je me suis mise à pleurer, j'avoue. Je ne savais pas s'il fallait appeler la clinique pour retarder la décongélation mais mon mari était sûr qu'on y arriverait: au pire, on aurait pris la voiture. 

On est rentrés à la maison et j'ai pleurniché devant "Toute une histoire" en écoutant des témoignages de parents qui avaient perdu un enfant. Ambiance. 

Finalement donc nous sommes repartis pour l'aéroport et la dame nous a dit que s'il ne se remettait pas à neiger, on partirait. On a mangé un morceau et acheté des revues. Quand on est arrivés à la porte d'embarquement, il y avait une splendide baie vitrée et derrière: la NEIGE qui tombait à nouveau à gros flocons! Bref, on a quand même embarqué, on est arrivés tard mais à temps! 

TEC 

Cette fois, j'ai moins bu (moins d'un litre) et nous sommes allés à la clinique en taxi. Je suis donc arrivée dans un bien meilleur état que la dernière fois. Je pensais boire encore un peu dans la salle d'attente (équipée d'une machine à café et d'une fontaine à eau).
Assez vite une infirmière est venue nous chercher, on a laissé nos cafés fumants et elle nous a menés dans la petite pièce où tu te prépares avant les transferts et où tu te reposes après

 
On a enfilé chaussons, tenues et charlottes et on a attendu qu'on vienne nous en dire plus. En même temps, on était déjà bien rassurés parce qu'on se disait qu'ils ne nous auraient pas fait mettre la tenue si la décongélation avait foiré. 

Le biologiste et la traductrice sont venus nous exposer la situation: les trois embryons avaient supporté la décongélation (100% bordel!). Ils étaient tous les trois aptes à s'implanter (théoriquement). Alors on a réfléchi un peu: au départ on ne voulait pas dépasser les deux embryons par tentative. Mais recongeler l'un des trois signifiait aussi qu'on pouvait le perdre... Au mieux on serait revenus pour transférer un seul embryon, et comme ça a déjà raté avec deux... J'ai demandé les chiffres: la biologiste a dit qu'en cas de réussite de l'implantation, la probabilité d'avoir trois bébés était de 5%. Finalement, on a décidé de tenter et de transférer les trois. 

Ensuite on a rejoint la salle pour le TEC avec l'infirmière. Le médecin s'est présenté et je me suis installée. Pendant tout le temps du transfert il me disait: "vous voyez madame, regardez, vous voyez, c'est très djoli..." et ensuite avec mon mari on s'est bien marrés en pensant que c'était surement le genre à répéter: "tu la sens, hein, tu la sens" quand il fait des bébés l'amour. A part ça, je l'ai trouvé assez touchant et vraiment gentil. Très préoccupé de moi, de comment je me sentais... 
 
Post-TEC 

On a pu retourner ensuite dans la petite salle et j'ai pu faire pipi (c'est donc le 2e médecin qui m'y autorise et je peux donc assurer que oui, on peut aller aux toilettes après un transfert). Je me suis installée sur le fauteuil et j'ai écouté le CD d'hypnose. Après environ une demi-heure, on a pris un taxi et on est rentrés larver à l'hôtel. 

Ensuite, 24h de repos complet, comme recommandé par le docteur. Ensuite on a quand même à nouveau profité de Barcelone mais un peu au ralenti quand même. Quelques balades, achats, bons repas... pas d'ascension de la cathédrale ou autres exploits touristiques. J'ai adoré Barceloneta.

Un équilibre précaire qui symbolise un peu mon état du moment.


Après, et bien il a fallu rentrer...
Petite altercation avec une hôtesse de notre compagnie d'aviation adorée qui voulait que je mette mon bagage en soute. Je ne voulais pas car j'avais les médicaments dedans et avais trop peur que la valise se perde. Je me suis accrochée à ma valise avec une énergie folle et tout à coup suis devenue quasiment bilingue pour parlementer: et elle n'a pas pris ma valise. Faut pas m'emmerder quand je reviens de mon TEC! 


Voilà, c'était notre troisième voyage, je reviens avec trois raisons supplémentaires d'espérer, j'espère avoir gagné en zénitude et affronter les résultats plus sereinement que la dernière fois.