Pré-TEC
Quand je me suis levée le 11 février et que j'ai vu que la neige qui avait commencé à tomber la veille avait continué son oeuvre, je ne me suis pas trop inquiétée parce que j'avais lu un article tout à fait rassurant qui précisait bien que l'aéroport était prêt à affronter des hivers bien pires.
J'ai donc trouvé ça terriblement beau, j'ai chaussé mes plus belles bottes de neige et suis allée me balader, émerveillée.
 |
Quand je regarde cette photo je me
dis que j'aurais quand même
dû me douter que ça allait mal tourner!
|
De temps en temps, j'allais quand même sur le site de l'aéroport et à un moment un cadre rouge est apparu à l'écran: en raison du retard pris le matin pour déneiger le tarmac (3 heures), certains vols ne partaient pas, il fallait consulter notre compagnie d'aviation. Quand ta compagnie d'aviation est une compagnie lowcost, cette même compagnie qui t'a fait rentrer de Berlin en 36 heures... tu commences à t'inquiéter, quand même. Mais nous étions chanceux: notre vol était toujours annoncé.
On est quand même partis relativement tôt de la maison parce que les bus étaient aussi perturbés. J'ai bravement porté ma valise à bouts de bras en enjambant le montagnes de neige qui nous séparaient de l'arrêt de bus et ai attendu patiemment, les pieds mouillés mais pleine d'espoir quand même.
La clinique a appelé pour me demander si c'était toujours bon pour le TEC du lendemain, s'ils pouvaient bien procéder à la décongélation. J'ai dis oui, parce que j'y croyais moi à ce vol! Un bus est arrivé, on est partis. Tout allait plutôt pas mal.
Alors qu'on était en route on a reçu un SMS de la compagnie qui nous annonçait l'annulation du vol. Heureusement mon mari a pu réserver un vol pour le soir, mais rien n'était certain encore quant à son départ. Là, je me suis mise à pleurer, j'avoue. Je ne savais pas s'il fallait appeler la clinique pour retarder la décongélation mais mon mari était sûr qu'on y arriverait: au pire, on aurait pris la voiture.
On est rentrés à la maison et j'ai pleurniché devant "Toute une histoire" en écoutant des témoignages de parents qui avaient perdu un enfant. Ambiance.
Finalement donc nous sommes repartis pour l'aéroport et la dame nous a dit que s'il ne se remettait pas à neiger, on partirait. On a mangé un morceau et acheté des revues. Quand on est arrivés à la porte d'embarquement, il y avait une splendide baie vitrée et derrière: la NEIGE qui tombait à nouveau à gros flocons! Bref, on a quand même embarqué, on est arrivés tard mais à temps!
TEC
Cette fois, j'ai moins bu (moins d'un litre) et nous sommes allés à la clinique en taxi. Je suis donc arrivée dans un bien meilleur état que la dernière fois. Je pensais boire encore un peu dans la salle d'attente (équipée d'une machine à café et d'une fontaine à eau).
Assez vite une infirmière est venue nous chercher, on a laissé nos cafés fumants et elle nous a menés dans la petite pièce où tu te prépares avant les transferts et où tu te reposes après:
On a enfilé chaussons, tenues et charlottes et on a attendu qu'on vienne nous en dire plus. En même temps, on était déjà bien rassurés parce qu'on se disait qu'ils ne nous auraient pas fait mettre la tenue si la décongélation avait foiré.
Le biologiste et la traductrice sont venus nous exposer la situation: les trois embryons avaient supporté la décongélation (100% bordel!). Ils étaient tous les trois aptes à s'implanter (théoriquement). Alors on a réfléchi un peu: au départ on ne voulait pas dépasser les deux embryons par tentative. Mais recongeler l'un des trois signifiait aussi qu'on pouvait le perdre... Au mieux on serait revenus pour transférer un seul embryon, et comme ça a déjà raté avec deux... J'ai demandé les chiffres: la biologiste a dit qu'en cas de réussite de l'implantation, la probabilité d'avoir trois bébés était de 5%. Finalement, on a décidé de tenter et de transférer les trois.
Ensuite on a rejoint la salle pour le TEC avec l'infirmière. Le médecin s'est présenté et je me suis installée. Pendant tout le temps du transfert il me disait: "vous voyez madame, regardez, vous voyez, c'est très djoli..." et ensuite avec mon mari on s'est bien marrés en pensant que c'était surement le genre à répéter: "tu la sens, hein, tu la sens" quand il fait des bébés l'amour. A part ça, je l'ai trouvé assez touchant et vraiment gentil. Très préoccupé de moi, de comment je me sentais...
Post-TEC
On a pu retourner ensuite dans la petite salle et j'ai pu faire pipi (c'est donc le 2e médecin qui m'y autorise et je peux donc assurer que oui, on peut aller aux toilettes après un transfert). Je me suis installée sur le fauteuil et j'ai écouté le CD d'hypnose. Après environ une demi-heure, on a pris un taxi et on est rentrés larver à l'hôtel.
Ensuite, 24h de repos complet, comme recommandé par le docteur. Ensuite on a quand même à nouveau profité de Barcelone mais un peu au ralenti quand même. Quelques balades, achats, bons repas... pas d'ascension de la cathédrale ou autres exploits touristiques. J'ai adoré Barceloneta.
 |
| Un équilibre précaire qui symbolise un peu mon état du moment. |
Après, et bien il a fallu rentrer...
Petite altercation avec une hôtesse de notre compagnie d'aviation adorée qui voulait que je mette mon bagage en soute. Je ne voulais pas car j'avais les médicaments dedans et avais trop peur que la valise se perde. Je me suis accrochée à ma valise avec une énergie folle et tout à coup suis devenue quasiment bilingue pour parlementer: et elle n'a pas pris ma valise. Faut pas m'emmerder quand je reviens de mon TEC!
Voilà, c'était notre troisième voyage, je reviens avec trois raisons supplémentaires d'espérer, j'espère avoir gagné en zénitude et affronter les résultats plus sereinement que la dernière fois.