mercredi 9 octobre 2013

Le dernier mois

C'est mon neuvième mois... à la fin de cette semaine, si le bébé naît, il ne sera même pas considéré prématuré. C'est tout proche... alors, un petit point? 

Je suis énorme. En fait, j'ai pris 9 kilos ce qui n'est pas tant que ça, mais comme j'en avais pris 7 entre l'annonce de ma stérilité et la grossesse, ça fait quand même pas mal pour mes articulations. J'ai pris tout sur le ventre, donc maintenant même en Suisse on me laisse parfois une place assise dans le bus (en Italie, à 5 mois de grossesse, tous les passagers se lèvent... le retour fut dur!) et mon mari me demande comment je fais pour ne pas basculer en avant. 


Le bébé va peut-être être  énorme lui aussi, aux dernières nouvelles il pesait 2kg850, càd le poids minimum qui avait été évalué pour sa naissance. On va certainement dépasser les 3kg mais je ne sais évidemment pas de combien. 
Il bouge encore beaucoup. On m'avait dit qu'à la fin il se sentirait il peut à l'étroit, mais apparemment ça ne le gène pas du tout: s'il manque de place, il pousse joyeusement tout ce qui se trouve sur son chemin pour se mettre tranquillement à l'aise. Je veux pas vous saouler, mais je kiffe à mort. Pour moi, il pourrait bouger toute la journée, j'adore. C'est un petit peu fatigant mais c'est un message de vie tellement évident et rassurant... c'est ma drogue. 
Par contre je ne lui parle pas beaucoup. Ca ne me vient pas, je reste donc dans la case "mère indigne" pour certaines personnes bien intentionnées qui me posent la question, mais je m'en fous, je lui fais des petits câlins et je lui raconterai plein de trucs quand on se verra (j'ai 5 mois de congé maternité en tête à tête, ça en fait des moments pour la discussion). 


Mon mari n'est pas super cool. On aurait pu croire que, spécialement avec notre parcours, il serait aux anges et aux petits soins. En fait il profite allègrement de ses dernières semaines de non-paternité et se noie à la fois dans le travail et sa vie sociale. Il y a un évident décalage entre lui qui n'est pas encore père et moi qui suis finalement déjà maman. En temps normal quand il sort de son côté, j'en profite pour sortir du mien, mais "dans mon état" (selon l'expression consacrée) c'est un peu délicat. Je suis quand même un petit peu fatiguée et puis sortir sans boire d'alcool, sans manger de sel, sans trop marcher, sans conduire (mon ventre touche le volant, j'ose plus)... est tout de suite moins tentant. Donc je me sens un petit peu toute seule, alors qu'en temps normal je suis plutôt indépendante. J'espère qu'après la naissance il sera plus présent, et moi moins émotive.

La FIVDO n'est pas au centre de mes pensées mais occupe sa petite place. Je pense que la grossesse est un petit peu différente quand même: 

  • je suis juste ultra reconnaissante et ne me plains pas des quelques désagréments de la grossesse (j'en ai pas eu beaucoup, mais quand même, je crois que notre parcours explique un peu ma béatitude) 
  • je suis très intéressée par la tête du bébé, alors que je me fiche de savoir si c'est un garçon ou une fille, j'ai envie de voir sa tête, d'être rassurée complètement: de le/la regarder, de le/la reconnaître comme mien/ne et même de le/la trouver beau. Je pense aussi bien sûr que je serai plus focalisée sur les commentaires des proches que les autres mamans (-c'est tout son père, - tu crois pas si bien dire; -il a ton nez, - ouais, enfin, comment te dire...). 
  • j'espère vraiment allaiter. Si ça ne marchait pas, je risquerais de le prendre mal, comme un refus, comme un signe de non-reconnaissance de la part du petit...
  • je sais qu'il arrive que parfois le lien entre la maman et le bébé ne se fasse pas ou pas immédiatement. L'une de mes amies proches m'a raconté combien au tout début elle trouvait sa fille moche, combien elle se sentait incompétente comme maman et combien son mari lui semblait bien plus à l'aise et à sa place qu'elle. Si ces sentiments m'assaillent, ils prendront une couleur particulière du fait de la FIVDO et j'espère parvenir à faire la part des choses. 
  • je n'appréhende pas trop l'accouchement, je sais que ce sera dur et tout et tout, mais il y a une partie de moi qui persiste à croire que le pire est déjà passé. Pour moi, le pire, c'est ces moments où je me revois dans le couloir chez le médecin qui m'a annoncé ma ménopause: je m'entends appeler mon mari et lui dire que c'est fini et qu'il faut changer de femme. Je me vois contempler la fenêtre et me demander si c'est assez haut pour que je meure si je saute. Et puis je n'ai pas fait de plan de comment ça doit se passer exactement. J'ai des amies qui ont des attentes bien précises (péridurale ou pas, lumière tamisée ou pas, couchée sur le côté ou pas...) mais je veux seulement voir venir, et prendre les décisions les meilleures pour le petit, pour sa santé et son bien-être. Je vais simplifier: s'il est bien vivant à l'arrivée, si je suis suffisamment en forme pour le tenir dans mes bras et si le papa pleure d'émotion, c'est que l'accouchement aura été celui dont je rêve. 
Dans deux jours nous avons rendez-vous pour la consultation prénatale à la maternité. On transmet le dossier préparé par le gynéco (l'enveloppe est en ma possession, mais fermée, j'ai trop envie de l'ouvrir pour savoir ce qu'il dit de nous!), on fait une écho, on précise la position du bébé (donc décision quasi définitive question césarienne)... et d'autres choses que j'ignore. Je vous raconterai. 

16 commentaires:

  1. Je pleure ici : "si le papa pleure d'émotion, c'est que..."
    Profite bien des tous derniers moments avant la rencontre tant attendue. Je t'embrasse.

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    1. Merci Lutine;)
      Je profite, ça c'est sûr, malgré les interrogations qui subsisteront, c'est une chance immense que je vous souhaite à toutes. Suis hyper impatiente maintenant.

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  2. Comme toujours, je suis ravie d'avoir de tes nouvelles ! Surtout d'aussi bonnes (enfin... sauf le mari qui joue les adolescents... Mais bon... ça doit être sa manière à lui d'attendre avec impatience la venue du bébé). Je trouve très intéressantes tes réflexions sur la FIV-DO. J'y pense de plus en plus. Je sais que c'est prématuré, mais... je veux me préparer à cette éventualité... (mais.. peut-on vraiment s'y préparer ?). Enfin, bref : on n'est pas là pour parler de moi ! Hâte de connaître la suite de vos aventures familiales !! Des Bisous. Et profite bien ! ;)

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    1. Oui, je pense qu'on peut s'y préparer. En fait la première fois que le médecin m'en a parlé, j'ai assuré que non-non-non, JAMAIS! trop d'interrogations me submergeaient, trop de nouveauté... et puis à force de lire, d'en parler avec des proches... l'idée est devenue plus familière. Il n'empêche que si tu peux faire à moins... pas besoin de brûler les étapes! Merci d'être passée par là;)

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  3. Je viens toujours en furtif prendre de tes nouvelles et je vois que comme moi tu es sur la dernière ligne droite. Bientôt la rencontre!
    J'ai eu mon double don quelques semaines avant toi à Eugin également et tout comme toi j'ai des interrogations et effectivement en aucun les mêmes que les filles qui ont un bébé naturellement (accouchement, etc..). Je suis à quasi 10 jours de mon terme mais je n'arrive toujours pas à me projeter au jour j. Je me demande si ce n'est pas encore et toujours cette peur de l'échec qui me donne se sentiment.
    Je te souhaite une belle rencontre avec il ou elle, pour moi c'est une petite ELLE et je suis certaine que nous seront de merveilleuses mamans. Bises

    Sophie

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    1. C'est sûr, il est difficile de se projeter, pour tout le monde, mais peut-être un petit peu plus pour les fiveuses. Je ne saurai jamais ce qu'il en aurait été si j'avais conçu bb naturellement. J'espère que tu passeras me dire ce qu'il en est, puisque tu auras certaines réponses une dizaine de jours avant moi!

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  4. Je te souhaite la plus belle des rencontres avec ton petit à naitre.
    Je pense vraiment que la question du don n’impacte pas plus que ça, la relation mère-enfant.
    Pour preuve, tous ces débuts de relations qui se passent mal, entre une mère et son enfant issu de ses propres ovocytes.
    Par contre la question du don, ne doit pas être occultée, elle est là, cela fait partie de l'histoire, mais je pense qu'il est important de ne pas tout regarder, tout ressentir à travers se prisme là. Car vraiment, c'est un élément de l'histoire, mais cela ne fait pas l'histoire. L'histoire, c'est l'histoire de la rencontre d'une femme avec un petit qui sort de son ventre, avec un papa, avec une famille.
    Si tu veux discuter de ça, car c'est important il me semble de verbaliser tout ça, pour que cela ne prenne pas toute la place.


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    1. Merci pour tes souhaits! Je te crois volontiers quand tu écris que la question du don n'impacte pas plus que ça la relation mère-enfant: tu as ton expérience et qui plus est tellement de contacts... En fait il est impossible de faire la part entre les interrogations que l'on aurait eues de toute façon et celles qui sont réellement dues au don. Peut-être que sans le don j'aurais été la même, peut-être pas. Questions stériles (quel mot!) puisque sans réponses. C'est sûr, ce qui manque un peu c'est le partage "en live" avec des personnes dans la même situation, pas toujours facile surtout dans un pays où le don n'est pas pratiqué (mon mari dit "interdit" mais je n'aime vraiment pas le mot). On se sent vraiment marginalisé et j'espère que les choses changeront... Quoi qu'il en soit je pense que la rencontre tant attendue, l'expérience, se chargeront de me faire avancer.
      Je te remercie de ton passage, du blog et de BAMP, heureusement que certaines ne lâchent pas l'affaire après la naissance! Ca ouvre aux suivantes un chemin plus simple.

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  5. Ah enfin des news ! Je suis contente de voir que ta grossesse se passe bien. Et je te rassure moi aussi je me pose beaucoup de questions : tout comme toi je me demande si je vais LE trouver beau, si je vais réussir à l'allaiter ect... mais je me fais confiance car déjà, après ces 8 mois passés "ensemble" je me pose beaucoup moins de questions, et pourtant au début cela n'a pas été évident pour moi...
    J'ai passé 8 mois de grossesse idylliques, je l'attendais tellement cette grossesse et en plus je n'ai eu aucun désagrément et je suis encore en grande forme, je n'ai pas l'impression que je vais accoucher dans un petit peu plus d'un mois.
    Je te souhaite une bonne fin de grossesse et j'espère avoir de tes nouvelles rapidement. Bises Lilas

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    1. Oui, malgré les quelques questions qui subsistent on a une chance folle. J'ai vécu une grossesse nickel, j'imagine que j'ai fermé les yeux sur les qq petits désagréments parce que j'étais tellement soulagée d'être enceinte... J'accouche dans deux semaines et ça me paraît encore complètement surnaturel! Je m'arrête à chaque fois que je passe devant la chambre de bb, à chaque fois c'est comme une surprise... j'espère atterrir bientôt et pouvoir venir vous raconter!
      Tout de bon pour ta fin de grossesse également;)

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  6. Ohlala, ça a passé vite ces 8 mois c'est dingue... ça doit faire une sensation très étrange... bientôt une nouvelle vie qui commence pour vous ! Je trouve génial que vous ayez 5 mois de congés maternité, tu vas pouvoir bien en profiter de ton petit bébé. Bisous !

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    1. oui, je suis chanceuse parce tout le monde n'a pas 5 mois, ça dépend de l'employeur, mais comme le mien c'est l'Etat alors... j'espère seulement trouver un mode de garde d'ici là. Je trouve aussi que ça a passé vite parce que je n'avais jamais la naissance en ligne de mire, plutôt à chaque fois la prochaine étape (prochaine écho, prochaines analyses...) et même maintenant j'ai de la peine à réaliser que c'est pour dans DEUX semaines! Je passe tout le temps chez toi et je te souhaite le meilleur pour le voyage en République Tchèque

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  7. Comme c'est excitant de lire tout ça ! Je te souhaite la plus belle des rencontres et j'espère que ton petit mari saura t'épauler comme il le faut quand le bébé sera là. Bises.

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    1. Merci;) j'espère que mon mari va se réveiller (il a montré quelques signes positifs ces derniers jours, heureusement). Je te souhaite la même issue le plus tôt possible. Des bises

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  8. Bonjour

    C'est un vrai plaisir de lire ton blog et de suivre ton parcours...nous partons pour un don et je me pose des milliards de questions..! bonne dernière ligne droite et surtout belle rencontre ....espoirhope

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    1. Mais c'est un plaisir que d'être lue! Si je peux apporter des réponses à une partie de tes milliards de questions, n'hésite pas;) je ne manquerai pas de vous raconter cette dernière ligne droite et surtout... La rencontre! J'avoue avoir encore bien de la peine à y croire...

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