lundi 21 janvier 2013

Comment j'ai su que j'allais mieux

Mon premier transfert a été un échec. Je m'y attendais, pas affectivement, mais statistiquement, dirais-je. Je savais qu'il y avait 60% de chances pour un test de grossesse positif, et 50% de chances que les embryons s'accrochent jusqu'à la première échographie. Je le savais, j'avais préparé le raisonnement à mettre en marche, les pensées à actionner quand le téléphone sonnerait. J'avais préparé tout ce qui pouvait l'être, raisonnablement. 

Et puis le résultat est venu. J'ai dû arrêter l'utro, arrêter les patches... J'ai été terriblement triste et je suis devenue assez amère, je crois, ces derniers temps. Assez jalouse aussi, et toutes sortes de choses que je n'aime pas tellement. Je ne sais pas exactement combien de temps ça a duré.

Un peu plus d'un mois après ce résultat, j'ai senti un jour que je me sentais bien. Je n'allais pas seulement mieux, j'allais bien. Je l'ai su quand je me suis entendue formuler des projets pour cet été. De super projets, des projets qui feront un peu passer la pilule si cet été je ne suis pas enceinte, des projets que je me ferais une joie d'annuler si je le suis, évidemment. Des projets que je n'avais plus faits, me semble-t-il, depuis l'annonce de ma stérilité mon infertilité.

Je me sens un tout petit peu guérie. J'ai toujours des moments de déprime totale, j'ai toujours envie d'assassiner quelques collègues de temps à autre, mais je me sens comme revenue au monde des vivants. C'est bien sûr aussi l'effet TEC qui joue positivement sur mon moral: il est facile d'espérer quand il y a quelque chose de programmé, une date précise à laquelle se raccrocher. 

En tous les cas, j'essaie de marquer mon optimisme du moment dans ma mémoire, je sens que je pourrais encore en avoir besoin. Il faudra que je me souvienne que je peux être au fond du gouffre début décembre et déborder de projets mi-janvier, ces montagnes russes, je dois les assimiler: c'est la route de la FIV et ça risque d'être la route à suivre pour encore un moment.


12 commentaires:

  1. J'admire ton courage... le courage d'accepter la situation, de rebondir face aux évènements... moi même j'ai l'impression de ne pas être si forte car mon moral est en dent de scie également mais souvent plus en bas qu'en haut...
    Je te souhaite plein de courage, le combat est long et difficile (j'en connais un rayon aussi)...

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    1. Je découvre ton blog et je suis très touchée par ton récit. J'ai plutôt l'impression que tu es super solide. Nous partageons la souffrance de ne pas réussir à être mamans, mais je n'ai pas vécu la perte, c'est en quelque sorte un peu facile de me la jouer optimiste dans ces conditions. J'espère que nous partagerons bientôt de bonnes nouvelles;)

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  2. Contente de lire que tu vas mieux !
    ça va me motiver pour écrire des billets positifs !! ;)

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  3. Je crois que nous serons beaucoup à nous reconnaître dans tes quelques lignes qui résument bien une vie en pma... te souhaite beaucoup de hauteur dans ces montagnes ! Du bon air, un ciel dégagé, et un horizon qui se dessine... bisous

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    1. Merci! Je viens de passer "chez toi" et je vois que ça remue pas mal, dans la tête et dans le métro... quelle aventure quand même! C'est magnifique cette proposition de ton amie, il y a de quoi cogiter et de nouveaux horizons se dessinent, c'est le moins qu'on puisse dire. A mon tour de te souhaiter de la hauteur. Au plaisir de te lire, bises.

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  4. Je suis très heureuse de voir que tu vas mieux, que tu as le sentiment d'être "revenue au monde des vivants" et que tu fais des projets. De mon côté je suis en apnée, incapable d'investir ma vie... Reste au sommet le plus longtemps possible !

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    1. Ca m'a pris plus d'un an pour reprendre ma respiration, alors oui, je vais faire tout mon possible pour prolonger cette station en phase optimiste! Cela dit, les hormones et le stress ne sont pas franchement de bons régulateurs de l'humeur alors je ne m'illusionne pas: dans quelques temps je serai en bas et j'aimerais juste avoir une petite trace en moi de cette période plus facile. Peut-être que ce jour-là c'est toi qui planeras dans des hauteurs insouciantes, happée par de petits et grands projets qui font mieux attendre LE projet.

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  5. J'ai essayé à 2 reprises de t'envoyer un message hier, sans succès...
    Je voulais te dire que je suis très contente que tu soies à nouveau dans une phase "positive" (si je puis dire !). Tu as raison, inventez-vous des objectifs pas trop ambitieux pour qu'ils restent réalisables...
    Oui c'est les montagnes russes, passer de moments si sombres à de si grands moments d'espoir, faut l'avoir vécu pour se rendre compte de la force qu'il faut.
    Je t'en envoie plein de la force pour les semaines à venir !

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    1. Salut lolo!
      Désolée si tu as eu de la peine à poster. Je ne sais pas ce qui a pu se passer.
      C'est sûr: pour cet été il me fallait un plan B. Quelque chose qui donne du sens à ces presque deux mois de vacances et surtout qui m'empêche de ruminer la PMA devant la TV!
      Ce parcours est juste complètement éreintant en effet: on passe du pire au meilleur, on espère, on est déçu, on déprime et on se remet en selle... Un truc à rendre n'importe qui hystérique. Mais on a bien raison de tenter et retenter, alors merci pour toute la force que tu m'envoies! J'espère que les semaines à venir seront prometteuses pour nous deux!

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  6. Je suis ravie que ton moral soit au beau fixe, et je trouve que c'est une très bonne idée d'en avoir fait un billet car à chaque qu'on subit un échec on a l'impression qu'on ne pourra jamais remonter la pente et on oublie comme on peut être forte et rebondir. Là tu en as la preuve noir sur blanc...

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    1. Oui, c'est exactement dans cet esprit que je l'ai publié. A ma prochaine déprime fivesque je ne pourrai pas nier! bises

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